NNA 05/10/2026

NNA - Plus de 18.000 hectares agricoles endommagés au Liban-Sud, selon le ministère de l’Agriculture

ANI - Le dernier rapport publié dans le cadre du plan national de réponse mis en œuvre par le ministère de l’Agriculture pour soutenir le secteur agricole et renforcer la sécurité alimentaire révèle une ampleur sans précédent des dégâts ayant touché les terres agricoles, les infrastructures de production et le cheptel dans les régions du sud du Liban, à la suite des attaques continues et de leurs lourdes répercussions environnementales, économiques et sociales sur les communautés rurales.

Selon le cinquième rapport hebdomadaire publié le 4 mai 2026, les superficies agricoles affectées à l’échelle du Liban atteignent environ 56.264 hectares, tandis que les surfaces directement endommagées sont estimées à près de 18.559 hectares, soit 22,5 % des terres agricoles situées dans les zones de conflit au Liban-Sud.

Le document fait également état de dégâts de différentes ampleurs dans 64 localités du sud, touchant les terres cultivées, les réseaux d’irrigation, les infrastructures de production ainsi que les installations liées aux chaînes de valeur agricoles et alimentaires.

Le rapport souligne que les petits exploitants agricoles figurent parmi les catégories les plus affectées, les petites exploitations représentant près de 80 % des exploitations agricoles du sud du pays. Cette situation reflète l’impact direct du conflit sur les moyens de subsistance et l’économie locale des familles rurales.

Les cultures les plus touchées sont les agrumes, les bananes et les oliviers. Les dégâts enregistrés sur les vergers fruitiers couvrent environ 11.075 hectares, suivis des oliveraies avec près de 6.600 hectares endommagés, ce qui illustre l’impact durable des destructions sur les cultures pérennes et la production stratégique de la région.

Dans le cadre des opérations de recensement et de mise à jour des bases de données agricoles, le ministère indique que 23.611 agriculteurs sont désormais enregistrés sur sa plateforme, dont 5.803 inscrits au cours de la dernière semaine seulement. Les données montrent également que 77,9 % des agriculteurs du sud demeurent déplacés hors de leurs villages, tandis que 22,1 % seulement ont pu rester dans leurs régions.

Le rapport recense également des dégâts importants au niveau des infrastructures agricoles, notamment environ 4.269 hectares de terres cultivées, 1.617 exploitations agricoles et 793 serres plastiques. Des centres de transformation alimentaire, des pressoirs à huile d’olive et de caroube ainsi que des centres de conditionnement, de refroidissement et de collecte des produits agricoles ont également été touchés.

Concernant le cheptel, près de 1.848.856 volailles, moutons, chèvres et bovins ont péri, tandis que les secteurs de l’apiculture et de la pisciculture ont subi de lourdes pertes, avec plus de 29.000 ruches détruites et près de 2.030 tonnes de poissons perdues.

Le ministère précise que les besoins les plus urgents des agriculteurs concernent actuellement les pesticides, les carburants nécessaires à l’irrigation, l’eau, les intrants agricoles et vétérinaires, les campagnes de vaccination du bétail ainsi que le transport de la production vers des zones plus sûres. Les régions de Bint Jbeil, Marjeyoun et Tyr enregistrent les besoins agricoles d’urgence les plus élevés.

Parallèlement aux opérations d’évaluation et de suivi, le ministère de l’Agriculture poursuit la mise en œuvre d’un plan national de réponse visant à protéger la production agricole et animale, assurer la continuité des chaînes d’approvisionnement alimentaire, stabiliser les marchés et fournir une aide d’urgence aux agriculteurs, en coordination avec les ministères concernés, les autorités locales, les organisations internationales et les bailleurs de fonds.

Le ministère affirme également travailler à des mesures exceptionnelles pour faciliter l’importation des produits agricoles essentiels et accélérer le passage des marchandises via les ports et les points de passage frontaliers, tout en renforçant les contrôles sur les marchés et les prix en coordination avec les autorités chargées de la sécurité alimentaire et de la protection des consommateurs.

Dans le cadre des programmes de soutien, le rapport indique que le ministère, en coopération avec ses partenaires et les bailleurs de fonds, cherche à fournir des aides financières dépassant 1,65 million de dollars au profit de près de 4.840 agriculteurs, ainsi que des aides en nature comprenant des intrants agricoles, des aliments pour bétail, des pompes à énergie solaire et la réhabilitation des infrastructures agricoles, au bénéfice d’environ 1.850 agriculteurs supplémentaires.

Les interventions sont soutenues par plusieurs organisations internationales et humanitaires, parmi lesquelles le Programme alimentaire mondial, l’Union européenne, des agences des Nations unies ainsi que plusieurs organisations internationales et locales spécialisées dans le développement agricole et le soutien communautaire.

Ce rapport intervient alors que les mises en garde se multiplient quant aux conséquences des destructions agricoles sur la sécurité alimentaire nationale. Les régions du sud figurent parmi les principales zones productrices d’olives, d’agrumes et de fruits au Liban, ce qui renforce l’urgence d’accélérer les aides aux agriculteurs afin de préserver la continuité de la production agricole, soutenir la résilience des communautés rurales et protéger l’économie agricole nationale d’une dégradation accrue.