NNA 07/28/2026

NNA - Le Liban renforce la francophonie administrative : une nouvelle alliance pour moderniser la fonction publique

ANI - Le Conseil de la fonction publique (CFP), l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l'Institut français du Liban (IFL) ont signé lundi un nouvel accord de partenariat destiné à renforcer les compétences des ressources humaines de l'administration libanaise et à développer l'usage du français de spécialité au sein des institutions publiques. Au-delà d'un simple programme de formation linguistique, cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de l'État, en faisant de la maîtrise du français un levier de professionnalisation, d'ouverture internationale et de réforme administrative.

La cérémonie de signature s'est déroulée au siège du Conseil de la fonction publique, en présence de sa présidente, Nisrine Machmouchi, du président du Groupe des ambassadeurs francophones accrédités au Liban et ambassadeur du Maroc, M'hammed Grine, du représentant régional de l'OIF pour le Moyen-Orient, Lévon Amirjanyan, du directeur de l'Institut français du Liban, Christophe Musitelli, ainsi que de nombreux responsables des principales institutions administratives, judiciaires, sécuritaires et militaires du pays.

 

Une administration plus performante grâce au renforcement des compétences

Cette coopération s'inscrit dans la continuité des efforts engagés ces dernières années pour accompagner la modernisation de l'administration libanaise, à travers le développement des compétences des fonctionnaires et la promotion du français comme langue de travail et d'ouverture internationale.

Dans son allocution, la présidente du Conseil de la fonction publique, Nisrine Machmouchi, a présenté cette nouvelle convention comme l'expression d'une volonté commune d'investir dans le capital humain de l'administration publique, rappelant que « le succès des réformes administratives dépend avant tout des femmes et des hommes chargés de les mettre en œuvre ».

Évoquant la crise multidimensionnelle que traverse le Liban, elle a estimé que le pays se trouvait à un moment charnière nécessitant « une administration plus efficace, plus transparente et plus innovante ». Elle a rappelé que le Conseil poursuit depuis plusieurs années un vaste chantier de modernisation de la fonction publique fondé sur les principes du mérite, de l'intégrité et de la performance.

Mme Machmouchi a détaillé plusieurs réformes actuellement conduites par le Conseil, notamment l'élaboration du premier répertoire des métiers de l'État, du premier référentiel national des compétences de la fonction publique ainsi que la préparation d'un système intégré de gestion des ressources humaines destiné à améliorer les pratiques administratives et à renforcer les capacités décisionnelles des institutions publiques.

Elle a également souligné les efforts engagés pour moderniser l'École nationale d'administration et accompagner les administrations dans leurs projets de restructuration, avec pour objectif de bâtir une fonction publique davantage orientée vers le service du citoyen.

Elle a par ailleurs insisté sur l'intégration de l'approche genre dans les politiques de gestion des ressources humaines, considérant que la promotion des femmes aux postes de responsabilité constitue un facteur essentiel de réussite des réformes administratives.

 

Les résultats de la première phase ouvrent la voie à un nouveau programme

Au-delà des ambitions affichées, les partenaires mettent en avant des résultats concrets obtenus lors de la première phase du programme, qui ont encouragé le lancement d'une nouvelle édition.

La nouvelle convention s'appuie sur les résultats obtenus lors d'une première phase de coopération menée en 2025. Selon Mme Machmouchi, celle-ci a permis de former 203 fonctionnaires issus de 17 administrations publiques.

La deuxième phase prévoit désormais la formation de 140 nouveaux agents publics, confirmant ainsi la volonté des partenaires de pérenniser cette coopération.

 

'Institut français mise sur le plurilinguisme au service de l'État

es différents partenaires ont également insisté sur la dimension culturelle et stratégique de cette coopération, considérant que la maîtrise du français constitue un atout pour l'administration libanaise dans un contexte d'ouverture internationale et de réforme.

Le directeur de l'Institut français du Liban a replacé cette initiative dans un projet plus vaste de transformation de l'administration libanaise.

Il a souligné que l'Institut français et l'ambassade de France étaient particulièrement heureux d'accompagner cette dynamique visant à renforcer les compétences linguistiques des fonctionnaires et à leur offrir des certifications reconnues à l'international.

Rappelant que la précédente édition avait permis de former 203 agents issus de nombreuses administrations, M. Musitelli a indiqué que la nouvelle session proposera des formations plus spécialisées, accompagnées d'évaluations de niveau permettant aux meilleurs candidats d'obtenir une certification professionnelle.

Le directeur de l'Institut français a enfin insisté sur la dimension identitaire du plurilinguisme au Liban. À ses yeux, la maîtrise du français ne constitue pas uniquement une compétence supplémentaire mais reflète l'identité profonde du pays, tout en offrant aux jeunes et aux fonctionnaires libanais un avantage compétitif et une ouverture sur les grands enjeux intellectuels, culturels et diplomatiques contemporains.

 

Le soutien renouvelé de la Francophonie au Liban

Les représentants des pays francophones ont, eux aussi, souligné l'importance des résultats obtenus et réaffirmé leur engagement à poursuivre cet accompagnement.

Pour sa part, le président du Groupe des ambassadeurs francophones au Liban a salué les résultats obtenus lors de la première édition, estimant qu'ils justifiaient pleinement le lancement d'une nouvelle étape.

l a rappelé que plus de 200 fonctionnaires avaient été formés avec un taux de réussite de 97 %, démontrant, selon lui, que « lorsqu'on investit dans la langue, on investit directement dans l'efficacité de l'administration publique ».

Cette deuxième édition concernera plus de 140 fonctionnaires provenant d'une quinzaine de ministères et d'administrations. Une partie des participants sera également préparée à l'obtention du Certificat de français professionnel en relations internationales délivré par la Chambre de commerce et d'industrie de Paris Île-de-France.

Pour M. Grine, la langue française demeure un instrument privilégié de coopération internationale, de diplomatie et de modernisation de l'action publique. Il a affirmé que cette convention renouvelait l'engagement constant de la Francophonie aux côtés du Liban et de ses institutions.

 

La Francophonie comme moteur des réformes administratives

Pour l'Organisation internationale de la Francophonie, cette initiative dépasse le seul apprentissage de la langue française et s'inscrit dans une vision plus globale de renforcement de la gouvernance publique.

Le représentant régional de l'Organisation internationale de la Francophonie pour le Moyen-Orient, Lévon Amirjanyan, a quant à lui souligné que cette initiative dépassait largement la seule dimension linguistique.

Selon lui, le renforcement des capacités de l'administration publique constitue l'un des fondements essentiels de la construction d'un État efficace, capable de répondre aux attentes de ses citoyens et de conduire les réformes nécessaires.

Le responsable de l'OIF a précisé que le programme, qui se déroulera de septembre à novembre 2026, concernera 140 fonctionnaires issus de quinze ministères et administrations, tandis que trente participants suivront une préparation spécifique en vue de l'obtention de la certification internationale de français professionnel délivrée par la Chambre de commerce et d'industrie de Paris Île-de-France.

M. Amirjanyan a rendu hommage au Conseil de la fonction publique pour avoir poursuivi son programme de modernisation malgré les difficultés exceptionnelles auxquelles le Liban est confronté, notamment la crise économique, les tensions sécuritaires et les conséquences de la guerre.

Selon lui, « investir dans les compétences des agents publics demeure le meilleur investissement possible pour renforcer la résilience des institutions de l'État ».

Il a également appelé les différentes administrations à faciliter la participation de leurs employés aux formations et exprimé le souhait de voir la proportion de femmes atteindre au moins 50 % lors des prochaines sessions.

Le programme s'inscrit dans l'initiative de l'OIF « Le français, langue internationale », destinée à renforcer les capacités linguistiques des diplomates et des fonctionnaires tout en consolidant la présence de la Francophonie dans les organisations internationales.


Une coopération appelée à s'inscrire dans la durée

En réunissant les expertises du Conseil de la fonction publique, de l'Organisation internationale de la Francophonie et de l'Institut français du Liban, ce partenariat illustre la volonté commune de faire du développement des compétences un levier durable de transformation de l'administration publique.

À travers cette nouvelle convention, le Conseil de la fonction publique, l'Organisation internationale de la Francophonie et l'Institut français du Liban entendent ainsi faire de la langue française un outil concret de modernisation de l'administration, de renforcement des compétences des agents publics et d'accompagnement des réformes institutionnelles engagées au Liban