ANI - La Villa Al Qamar est le programme d'accueil de résidences artistiques de l'Institut français du Liban. Depuis sa première édition en 2021, la Villa accompagne des artistes français, en solo ou en duo avec des artistes libanais, de toutes disciplines, pour des séjours de 1 à 3 mois. L'objectif est de renforcer le dialogue interculturel entre la France et le Liban, en invitant les artistes à développer des projets au plus près des populations et en lien avec les acteurs culturels et artistiques locaux.
Lancé initialement dans le Chouf à Deir El Qamar, le programme s'est progressivement étendu à Tripoli, Saïda, Zahlé, Beyrouth et Byblos, offrant ainsi un ancrage territorial large et diversifié. Les résidences permettent aux artistes de créer, de rencontrer et d'échanger avec les habitants et les acteurs culturels, tout en bénéficiant d'un accompagnement sur-mesure, incluant la prise en charge du transport international, la mise à disposition d'espaces de travail et de logement, une bourse de résidence, une prise en charge journalière et une bourse de production.
Pour sa cinquième édition, la Villa Al Qamar a reçu plus de 150 candidatures, témoignant de l'attractivité du programme et de l'intérêt soutenu pour la scène artistique libanaise. Après l'audition de 14 candidats, cinq projets ont été retenus, dont deux portés par des duos franco-libanais, qui bénéficieront de résidences allant de 1 à 2 mois. Ces artistes auront l'opportunité de développer des projets en résidence localisée ou itinérante dans plusieurs villes du Liban, en lien avec les équipes de l'Institut français du Liban. Tous partageront leurs univers avec le public à travers des ateliers et des rencontres.
Les lauréats 2026 de la Villa Al Qamar sont :
Célia STROOM
Sharon HAKIM et Tamara SAADE
Camille ASSAF
Gaëtan SOERENSEN et Tarek HADDAD
Walid HAJAR RACHEDI
La Villa Al Qamar est soutenue par l'Institut français de Paris, City Car Rent A Car et Air France.
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Marielle Salloum Maroun
Chargée de communication et relations presse
marielle.salloum@if-liban.com – 03 280 939
Présentation des lauréats 2026
Célia STROOM
Projet : Vocalscape, paysages sonores de lamentations
« Vocalscape » est une recherche ethnomusicologique et une création contemporaine dédiée aux pratiques de lamentation féminine dans la vallée du Chouf. Le projet métamorphose ces formes collectives de deuil en une pièce sonore polyphonique, conçue comme un psaume expérimental. Poèmes écrits sur le terrain, composition acousmatique faite de chants funéraires appris sur place et de chants médiévaux interprétés par Célia Stroom s'entrelacent le temps d'une performance, à la manière d'une trobairitz inspirée du Zajal. Créer autour de la mort par l'art vocal, imagine redonner du souffle dans un monde fragmenté.
Ville(s) de résidence : Deir El Qamar
Biographie :
Célia Stroom conçoit des pièces pluridisciplinaires, nourries par la musique médiévale, la danse expressionniste allemande et des projets ethnographiques en Géorgie, Arménie, Ouzbékistan et Kirghizistan. Elle développe des polyphonies dansées, des scénographies de figures sans visage, des cabinets de curiosités et des vidéos-tableaux. Fondatrice du label de performance Kunstwollen et de la plateforme internationale de production Heroinē, elle coordonne le festival nomade écoféministe The Enclosed Garden. Elle est également curatrice du centre d'art Kokto à Athènes.
Sharon HAKIM et Tamara SAADE
Projet : Thurayya (Ou l'attente du printemps)
Thurayya revient dans son Liban natal à contrecœur après 8 ans d'absence pour participer à une mission de fouilles archéologiques sensible. Mais rapidement, des enjeux politiques et religieux mettent le site à l'arrêt. Déterminée à finir sa mission pour rentrer en France, les obstacles qu'elle rencontre la ramènent à un passé militant et un premier amour emprunts de passions révolutionnaires. Thurayya (Ou l'attente du printemps) est un projet de long métrage réalisé par Sharon Hakim. Il est écrit conjointement avec Tamara Saade et librement adapté de son roman éponyme.
Ville(s) de résidence : Beyrouth, Zahlé, Saïda
Biographie :
Sharon Hakim est réalisatrice et scénariste. De 2020 à 2025, elle écrit et réalise 4 courts métrages entre la France, le Liban et le Brésil ; présentés et primés dans des festivals internationaux tels que La Quinzaine des Cinéastes, le Festival de Clermont-Ferrand, Cinemed, Côté Court, le FIFIB, BFI London Film Festival, ou El Gouna Film Festival. Diffusés sur Arte et Canal +, ses films ont été présentés notamment à la Cinémathèque française et l'Institut du Monde Arabe.
Tamara Saade est scénariste, autrice et actrice. Formée à l'ERAC-M après des études de lettres à Beyrouth, elle joue pour plusieurs compagnies entre la France et le Liban et travaille au théâtre comme au cinéma. Elle écrit et met en scène son texte Thurayya (Sundance Lab 2020 – Les Rencontres à l'Échelle 2023) et a co-signé le scénario de l'adaptation à l'écran de sa nouvelle Le Diable et la Bicyclette, réalisée par Sharon Hakim (Festival de Clermont-Ferrand 2025). Le film remporte plusieurs distinctions, dont le grand prix du FIFIB et le prix du meilleur court-métrage arabe au Festival de Gouna (2025). Son travail explore le désir féminin et utilise l'autofiction comme outil politique pour raconter le Liban d'aujourd'hui. Tamara est également professeure de théâtre à Beyrouth.
Camille ASSAF
Projet : Broderie, Terre, Récits
Au cours d'une résidence itinérante sur le territoire libanais, Camille Assaf ira à la rencontre de femmes brodeuses issues de communautés diverses, pour s'imprégner de leurs techniques et de leurs ouvrages : motifs, matériaux et couleurs, porteurs d'héritages collectifs et d'histoires personnelles, vecteurs d'émancipation, seront ensuite réinterprétés dans la création de costumes sans texte, propositions hybrides, ouvertes à l'écriture de nouveaux récits.
Ville(s) de résidence : Beyrouth, Deir El Qamar, Zahlé
Biographie : Camille Assaf est créatrice de costumes pour l'opéra, le théâtre et la danse. Après l'obtention d'une maîtrise de philosophie à la Sorbonne et d'un Master of Fine Arts à l'Université de Yale en scénographie et costumes, elle se consacre à la création. Fréquente collaboratrice de Peter Sellars, Benjamin Millepied, Silvia Costa et d'autres metteurs en scène de renom, ses costumes ont été vus, en Europe, à l'Opéra de Paris ou au festival de Salzburg, mais aussi de New York à Los Angeles, et de Phnom Penh à New Dehli. Passionnée par l'artisanat d'art, elle poursuit une recherche au long-cours sur les travaux d'aiguilles et leurs artistes anonymes.
Gaëtan SOERENSEN et Tarek HADDAD
Projet : Lisière(s) du Chouf
Ce projet tentera de repenser la réserve du Chouf depuis deux axes qui s'entrecroisent et qui sont propres à la montagne. L'horizontal, révélant des rapports sociaux et écologiques, et le vertical, puisant dans l'histoire et la mémoire. À leurs contacts, une lisière, racontant l'endroit et l'envers d'un même lieu, zones de contact où se rejoignent les relations entre humain et environnement. Ils chercheront à comprendre ce terrain à partir des personnes qui l'arpentent, l'habitent, le traversent.
Ville(s) de résidence : Deir El Qamar
Biographie :
Tarek Haddad est un photographe-plasticien libanais né en 1991. II explore les relations sensibles entre paysage, mémoire et perception. Titulaire d'un master de l'ENSP Arles, il travaille entre Beyrouth et Arles, développant une pratique où photographie, intervention et installation dialoguent. Depuis son départ du Liban, il s'attache aux paysages de substitution, où surgissent des réminiscences du territoire familier perdu. Le jeu et la plasticité y deviennent des outils pour inventer d'autres manières d'habiter et de représenter le monde.
Gaëtan Soerensen, né en 1993, est un artiste documentaire formé au cinéma et à la photographie, diplômé de l'ENSP Arles. Son travail développe une pratique attentive aux liens entre cadres législatifs et normes sociales face aux contraintes d'un territoire. Interrogeant leur dimension politique, leur système et leurs conséquences, il combine images fixes et en mouvement dans une approche fondée sur la résonance entre les formes. Son œuvre cherche à mettre en mouvement ce qui est souvent séparé et à l'arrêt : l'histoire et la mémoire ; le juridique et le biographique.
Walid HAJAR RACHEDI
Projet : Sur les traces d'un rêve pop arabe
À Tripoli, ville natale du chanteur Walid Toufic, Walid Hajar Rachedi ira enquêter sur la source pop de son prénom. À partir des rêves d'adolescente de sa mère à Alger, il cherchera à comprendre comment une voix, une silhouette télévisée et quelques refrains ont traversé les langues, les guerres et les classes sociales pour fabriquer une certaine idée du monde arabe.
Il confrontera ce récit intime à la Tripoli d'aujourd'hui – ses habitants, sa scène culturelle, ses lignes de fracture sociales et politiques – pour comprendre ce qu'il reste de cet imaginaire pop et comment, malgré la crise, d'autres rêves continuent de se fabriquer.
Le projet donnera lieu à un livre de non-fiction et à un documentaire audio, mêlant enquête, mémoire familiale et portrait sensible de la ville.
Ville(s) de résidence : Tripoli
Biographie : Walid Hajar Rachedi est un écrivain français né en 1981. Finaliste du Goncourt du premier roman en 2022 avec Qu'est-ce que j'irais faire au paradis ? Il a également publié Nos destins sont liés (2023) et Albert Camus : non à la division (2025). De parents algériens, il a grandi en banlieue parisienne avant de s'expatrier en Amérique latine et aux États-Unis, et aujourd'hui en Australie. Son œuvre, nourrie par ces expériences, interroge les identités multiples, les destins entrecroisés et la quête d'une place dans un monde fracturé. A la tête de Frictions, média narratif bilingue, il développe des projets à la croisée de la littérature, du journalisme narratif et du documentaire audio.